Voici un compte rendu de mon voyage dans la Silicon Valley

 

Bien que peu sujet à raconter mes vacances sur ce blog, je suis dans l’avion de retour de San Francisco vers Miami (là où se trouvent les bureaux de Prestashop USA), et l’envie est trop forte de partager avec vous ce que j’ai ressenti de ce voyage dans la Silicon Valley.

La Silicon Valley est certainement le plus fantastique des endroits pour des passionnés du web comme nous.

Les gens que nous avons eu la chance de rencontrer sont tous d’une intelligence rare, avec un sens de la perfection et de la compétition poussé à extrême et d’un accueil chaleureux, bien en phase avec la tradition américaine.

 

1ère étape : #connexion

Nous avons loué un appartement, nous sommes 3 entrepreneurs du Web : Julien, un multi-ecommerçants (30 ecommerces à son actifs …), Bruno Lévêque, CEO de Prestashop, et moi-même.

En plein milieu de Palo Alto, ville mythique du Web (FaceBook, HP), c’est avec un grand plaisir que nous prenons possession des lieux: l’appartement de 2 coréens partis dans leur pays natal en vacances, 2 créateur d’une start up dont les locaux ne sont ni plus ni moi que…. ce même appartement…

Prendre possession des lieux, en langage web, veut dire sortir son ordi, le poser sur un coin de table, chercher le wifi et s’y connecter. On défera les valises plus tard…

Nous sortons de 6 heures d’avion, il est temps de faire le point sur les emails.

Le calme règne, seules les touches des claviers tentent de perturber un silence religieux. La concentration de chacun ne laisse aucun doute sur les intentions de tous : finir le job le plus vite possible, demain une grosse journée nous attend. Levé à 7H, il nous reste moins de 4 h à dormir et le décalage horaire n’arrange rien à ce planning.

 

Des rencontres incroyables

Nous sommes restés 5 jours en tout. Je ne vais pas vous raconter ce voyage, jour après jour: je suis dans l’avion au moment d’écrire cet article et je ne sais plus quel jour nous sommes, quel jour était hier et quel jour a été la rencontre avec telle ou telle personne. Mais grâce à une organisation à la minute prêt de Bruno, Julien et moi avons pu rencontrer chaque jour plusieurs gens de la Silicone Valley, prêts à nous accorder 30 minutes de leur temps pour discuter, nous montrer l’envers du décor de la Valley et nous aider à comprendre le fonctionnement de cet eco-sytème si particulier.

 

En premier lieu, j’ai été sidéré de la disponibilité de ces personnes. C’était incroyable de se rendre compte que des gens tellement occupés, importants, et avec de tel niveau de responsabilité pouvait accepter de rencontrer 3 jeunes entrepreneurs comme nous.

Si la notoriété grandissante de Bruno dans le monde web US y a sûrement contribué pour rencontrer certains (Bruno ne partage pas mon avis, mais je reste certain que cela y a contribué plus d’une fois…), certains qui ne connaissaient que très peu le ecommerce ont aussi accepté tout naturellement de nous rencontrer.

Comme, par exemple, ce créateur d’un logiciel de téléchargement de films, millionnaire mais qui était au bord de la faillite un an avant, qui nous reçoit dans ses bureaux décorés de figurines géantes comme SpiderMan et autres super-héros.

Sa façon de nous accueillir est la plus naturelle possible, et il nous raconte toute sa vie, mouvementée d’entrepreneur. Son conseil ? « Dans la Valley, ne compte que sur toi-même et ton équipe, et travaille avec les meilleurs. »

 

Une autre rencontre fut très intéressante. Celle avec un cet entrepreneur, français, qui « ne lèvera plus jamais de fonds avec des VC français. » Nous prenions un petit dej’ dans un restaurant qui se trouvait au centre d’une résidence avec plus de 30 bureaux de VC/Business Angels américains tout autour, et, d’un coup,  il nous montre du doigt une fenêtre : « Tu vois celui-la là-bas ? Rien que le fait de faire une levée de fond avec lui, ta boite vaut 2 fois la valo de ta levée dès le lendemain matin suivant ! »

La bulle n’est jamais loin, mais les cerveaux sont là pour la faire tenir, et les business angels veillent.  Il parait …

De toutes façons, les pancakes sont bons, le jus d’orange est frais et pulpeux et le soleil tape déjà très fort en ce matin. Alors on le laisse nous parler de millions, de cerveaux « les meilleurs du monde » et de « business à faire« . On rêve à cette bulle qui n’explose pas encore, et si la conversation ressemble à un remake américain de la « Vérité si je mens », on sait qu’on a face à nous un des plus respecté entrepreneur français de la Valley, qui prend 1 heure de son temps « parce qu’il faut aider des jeunes« .

La fameuse transmission du savoir propre dans la Silicon Valley… … … …

Car qu’on ne s’y trompe pas : si les industries classiques puisent en leur sol les ressources pour leur croissance, la Valley cultive sa propre ressource, le cerveau humain !

 

Une autre rencontre, avec SlideShare cette fois-ci, qui nous fera visiter ses bureaux et nous entretenir 30 minutes avec leur CTO (Responsable Développement).

Je lui montrerai Shopping Flux et Lovely-Ads. Il sera impressionné par ces logiciels, et il nous parlera de méthode « agiles », de Scrum, des termes que les développeurs-web connaissent bien, et que nous appliquons aussi chez Shopping Flux.

Alors, même si SlideShare vient de se faire racheter 119 millions de $ par LinkedIn, on se sent proche, on adore.

On discutera avec la team technique. Des gens de notre âge et sûrement talentueux pour avoir été recruté par SlideShare, mais dont l’humilité veut qu’ils aident leurs collègues à débuger « Not really fun, but the job must be done ! »

On y apprendra aussi que chez SlideShare, les mises en ligne des modifications du logiciel (les « commits ») peuvent être fait sans validation du CTO, mais doivent être vérifiées par au-moins une seconde personne de la team technique.

Les plus techniciens d’entre-vous se rendront compte qu’il faut avoir une énorme confiance en ses développeurs pour mettre en place une telle règle de mise en ligne sur un site à fort trafic comme SlideShare.

Incroyable !

Encore plus incroyable. La start-up DotCloud.com, dont le gérant, Solomon, est un ancien de l’école d’ingé de Bruno et Julien.

A notre arrivée dans ses bureaux, en haut d’une tour à San Francisco, une odeur de nature nous surprend… L’ascenseur s’ouvrira sur les bureaux, dont les employés et les ordinateurs sont envahis de … fleurs et d’arbres … C’est une véritable jungle qui nous accueille. « Y’en a pour plus 30.000$ de plantes !« , nous annonce fièrement Solomon. Même le tableau blanc est encadré d’un bois précieux… « On a levée 10 millions de $, j’ai pensé qu’une déco style jungle serait sympa. » … Je peux vous dire qu’on en croyait pas nos yeux …

Mais ce n’était pas terminé. C’était mal connaître Solomon. Un verre d’un whisky 15 ans d’âge à la main, il nous fait monter sur les toits du bulding. La vue est magnifique, et on se sent citoyen du monde. Nous resterons plus d’une heure sur ces toits, à discuter , à contempler. Il fait nuit, mais les bureaux sont encore ouverts. La Valley ne s’arrête jamais de travailler…

Nous rencontrerons aussi Nextag et eBay/X.commerce. Je leur ferai une démonstration de Shopping Flux, bien sûr. Ils seront impressionnés de savoir que nous n’avons que 3 développeurs pour faire tout cela. « You definitly have really good developers in France. ».

Aller dans les locaux d’eBay, fut pour moi comme aller chez Disney. Être au centre de tout ce qui fait ce qu’est eBay, alors même que j’y vend depuis des années des produits de façon directe ou « indirecte » (via Shopping Flux), est une sensation plaisante.

On rencontrera aussi DailyMotion. Un français, bien sûr, nous accueillera. « Avec votre truc, il faut être aux US ! », nous confirmera-t-il.

 

Et d’autres, et d’autres… Ce voyage fut intense, et les start-up sont nombreuses.

 

Une organisation à l’américaine

Notre petit trio était bien décidé à profiter de chaque instant de ce voyage.

Levés à 7H du matin, à 7h10 chacun était devant son ordinateur et se réveille doucement en répondant à ses emails. Il est 16H en France, et il nous reste peu de temps pour tout faire.

8h30, tout le monde est prêt, on prend la voiture, direction notre premier RDV. En général un petit dej’ avec un responsable de start-up.

Ensuite, nous réussissions à caser chaque jour 2 RDV de plus le matin. A midi, nous déjeunons toujours que nous 3, les américains étant peu enclins à faire des dej’ d’affaires qui s’éterniseraient, sauf exception (j’ai oublié de vous dire, mais nous avons aussi déj dans la cantine de Apple, avec leur responsable « Mobile Ecommerce »).

L’après-midi, 3 RDV de plus.

Un conseil : arrivez à l’heure à tous vos meetting et ne dépassez pas le timing. Un américain, si vous lui donner RDV à 9h45, pour 30 minutes, à 10h15 tout sera terminé.

Le soir arrivé, c’est surtout avec des connaissances que nous passerons la soirée.

Ensuite, la journée n’était toujours pas terminée.

On rentrait à l’appartement, on se connectait pour checker les emails et passer les derniers coup de fils en France.

Sachant que, pour l’équipe en France, c’étaient les premiers appels, car il est 10H du matin chez eux à ce moment-là. Cela crée d’ailleurs des situations bizarres, comme le fait de conclure un appel en  prenant soit de dire « Ok, bonne journée ! » à quelqu’un alors qu’il est 1H du matin ici et que la nuit est tombée, ou faire attention de ne pas lui dire « Tu sais, on en a parlé ce matin.« , parce que c’était la veille à 16H pour lui …

Ensuite, nuit courte, levés 7H, 7h10 emails, etc, etc …

Mais c’est à ce rythme que la Silicon Valley avance. C’est impressionnant à vivre.

Parce qu’on ne s’y trompe pas : la Valley c’est du travail et du cerveau.

Et c’est ce que je retiendrai le plus dans ce voyage : le savoir.

 

« We need your brain ! » ou l’industrie du savoir !

Ici, quand vous parlez à quelqu’un, il vous regarde droit dans les yeux et essaye de connaître la taille et la rapidité de votre cerveau … Rien d’autre ne l’intéresse, même pas votre réseau de connaissances.

La Silicon Valley est en pénurie de matière première, et ici, quand on parle de matière première on ne parle pas de pétrole, de gaz ou même du silicium, le composé principal de vos ordinateurs.

Non. Ici la matière première est grise, et elle vaut une fortune: votre cerveau.

Qu’ont bien pu inventer les USA pour que la matière première d’une nouvelle industrie soit notre propre cerveau ? Qu’a bien pu inventer cette société pour que sa matière première en soit les gens qui en font eux-mêmes partie ?

Les USA ont-ils inventé une société dont la matière première serait elle-même ?

Si notre cerveau devient la matière première principale, voire unique, de cette industrie, la Valley a-t-elle inventé l’industrie ultime ?

Et si cela est bien le cas, ont-ils inventé une solution pour créer encore plus de cette matière première ? Comme si les pays pétroliers pouvaient recréer eux-même et à volonté les nappes de pétroles qu’ils sont en train vider ?

La réponse est oui.

Cette solution, nous l’avons vue, nous l’avons même visitée. Elle crée depuis des décennies des prix Nobels dans toutes les disciplines, elle est la source de milliers de brevets chaque année et elle continue a engendrer les plus grandes start-up mondiales.

Elle a été un des points cruciaux de notre voyage.

Elle nous fait comprendre que, si les toits de San Francisco nous ont fait nous sentir citoyens du monde, les maître de ce même monde, se sont les Etats-Unis.

Elle nous a fait comprendre que les USA ont une telle avance, qu’ils continueront à accueillir les plus gros cerveaux du monde. Et que s’il n’y a pas assez de cerveaux, elle a un système capable d’en créer.

Elle nous a fait comprendre, enfin, que le succès américain n’est pas juste une question de dollars.

Il est temps de vous présenter cette formidable machine.

Bienvenue dans l’usine a fabriquer les plus gros cerveaux du monde, la matière première tant recherchée par la Silicon Valley, une machine dans laquelle on entre comme dans un temple.

Bienvenue dans l’université de Stanford…

(suite au prochain article)

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