Je trouve cela très bien que l’on se lance dans l’ecommerce, et, plus généralement, dans l’entrepreneuriat. J’y encourage tout le monde.

Par contre, que l’on soit entrepreneur, responsable ecommerce, emarketing manager, consultant ecommerce, etc… il y a une qualité dont on ne peut pas faire l’économie: le pragmatisme.

C’est une qualité qui ne s’apprend nulle part, et encore moins sur les bancs de l’école. Moi, je l’ai apprise avec mes 2 responsables, lors de mon premier emploi, chez PowerBoutique (n’oubliez pas qu’ils recrutent beaucoup en ce moment). Je peux vous dire que c’est un long travail et qui s’acquièrt de façon presque inconsciente. Je ne pense pas qu’il soit possible d’écrire une méthode pour devenir pragmatique.

En gros, un ecommerçant sans pragmatisme qui se lance dans l’ecommerce, suit toujours le même schéma:

  1. Il croit se lancer dans un secteur de niche. Donc en gros: bijouterie fantaisie, puériculture, high-tech, mais le tout à la sauce ethnique-écolo-bio-originale.
  2. Il compte ensuite sur un service client au top: « nous on répondra au téléphone et nous donnerons des conseils.« 
  3. Il ouvre bien sûr un blog (il faut bien s’occuper entre 2 commandes…).
  4. Ensuite, vient le référencement naturel: « j’ai lu les forums, acheté un bouquin à la FNAC, je connais les balises, le contenu, etc…« 
  5. En gros, à cette étape, le commerçant fait une vente par jour et 100 visites uniques par jour.
  6. Comme tout le monde lit des forums, a acheté 3 bouquins à la FNAC (« celui-là c’est le bon !!« ), et connait les balises etc…, cet ecommerçant « pragmatique », laisse tomber le SEO, et se contente de requêtse « hyper ciblées« . Ce qui dans son langage veut dire « très faible volume« .
  7. Donc cet ecommerçant, décide d’ouvrir une boutique FaceBook.
  8. Ravi de cette idée lumineuse, ses amis commencent à lui écrire des remarques sur son Wall FaceBook.
  9. On reprend vie, on y croit.
  10. FaceBook: peu de ventes, peu de visites. On se retient de retirer de son chiffre d’affaire mensuel la commande de bijoux de son amie Françoise (« bah ça compte hein… c’est du chiffre d’affaire après-tout !« )
  11. SEO c’est trop compliqué. FaceBook ça fait pas de ventes… Il reste Adwords.
  12. Je passerai vite sur ce point, tellement j’ai vu des catastrophes arriver avec des campagnes Adwords non optimisées.
  13. Pas de SEO, pas de FaceBook, pas d’Adwords… que reste-t-il à notre ecommerçant ?
  14. Les comparateurs de prix.
  15. A ce stade, au mieux il fait confiance à un gestionnaires de flux, au pire, il envoie 100% de son catalogue produits.
  16. S’il envoie 100% de son catalogue produit, ce qui s’est passé sur Adwords va se reproduire.
  17. S’il sélectionne ses produits rentables grâce à un gestionnaire de flux, il s’en sortira. Mais peut-être qu’il passera à 2 ou 3 ventes par jour… pas plus.
  18. A ce moment-là, la première année d’activité se termine, et il est temps de raconter sur son blog sa malheureuse expérience.

Voilà. Cruel me direz-vous ? Mais combien de cas voyons-nous chaque mois qui suivent exactement ce schéma ? Et cela, dans l’ordre exact que je viens de décrire.

Alors qu’aurait dû faire cet ecommerçant ?

En fait, il n’aurait rien pu faire: si on n’est pas pragmatique, il ne faut surtout pas se lancer dans le commerce. Et ce sont des « profils » avec lesquels nous avons toujours évité de signer chez Blog-Ecommerce. Nous sommes là pour aider les petits et moyens ecommerçants, oui, mais petits et moyens ne veut pas dire qu’ils ne sont pas pragmatiques.

Le business est compliqué de manière générale, et l’est encore plus sur Internet. Donc nous ne pouvons aider que les ecommerçants pragmatiques. Peu importe leur taille et CA.

Attention, il ne faut pas confondre manque de pragmatisme avec excès de confiance. Non.

Le pragmatisme est une méthode, presque une philosophie, qui s’ancre dans le réel, le possible, le cohérent. C’est très compliqué comme état d’esprit. C’est un peu l’esprit paysan dont on parle souvent.

Encore une fois, le pragmatisme n’a rien à voir avec la taille de votre entreprise, ni son chiffre d’affaire.

Et heureusement, la grande majorité des ecommerçants en France est très pragmatique. La culture du commerce est très présente dans notre pays, et depuis toujours.

Si on devait appliquer le pragmatisme au cas que nous avons vu ci-dessus, voilà ce que cela donnerait:

  1. Les bijoux ? Même si mes bijoux sont différents des autres, c’est n’est pas une niche, car je suis en concurrence sémantique sur Google avec tous les autres vendeurs de bijoux.
  2. Le SEO ? Adwords ? Je n’aurai peut-être pas les moyens de me payer une bonne prestation de SEO (c’est nous) la première année, mais il existe des formations. Tout le monde lit les forums ou achète des livres. Je vais me payer les meilleures formations du marché (c’est nous aussi).
  3. Ouvrir un blog ? Pour dire quoi ? Est-ce que ceux qui liront mon blog sont des acheteurs ? Pas sûr.
  4. Ouvrir une boutique Facebook ? Ok, mais ça sera un petit plus, je me concentre sur Google (SEO et Adwords).
  5. Les comparateurs de prix ? Google Shopping oui et vite. Ensuite, je pourrai peut-être envoyer mes 20 meilleurs produits sur Leguide.com
  6. La première année d’activité se termine, je pense que ma niche market est bonne, passons à l’étape suivante.
  7. SEO, Adwords: je connais mes points forts. Soit je continue tout seul, soit je me fait guider par des experts (c’est nous aussi), mais il faut que je franchisse un cap.
  8. Boutique Facebook: ha oui, c’est vrai j’en ai une. Bon, sympa ce truc….
  9. Les comparateurs de prix/retargetting/les places de marchés: j’ y mets le forcing. Je connais vraiment bien mes produits et marques forts.
  10. J’étoffe ma gamme produits et contacte des nouveaux fournisseurs.
  11. Je crée des campagnes Adwords/Comparateurs de prix/Place de marché sur ces nouveaux produits.
  12. Je fais attention de travailler mon SEO lorsque je rentre ces nouveaux produits sur mon site (j’ai suivi des formations pour cela ou j’ai une agence d’experts).

etc…

Vous voyez la différence ? Avant, je changeais de stratégie parce que la précédente ne fonctionnait pas, alors que dans cette seconde partie, plus pragmatique, je passe d’une stratégie  à une autre parce que la précédente m’a permis de passer un cap.

Vous êtes resté concentré sur votre business et votre roadmap, et n’avez pas changé à chaque fois de stratégie parce que la précédente n’avait pas donné les résultats que vous croyiez possibles: une stratégie amène une suivante, complémentaire. Pas en remplacement.

Sans pragmatisme, certaines sociétés peuvent s’en sortir, mais aucun commerce. J’en suis persuadé.

(Fin de l’article)
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Plus d’infos:
1. Voici les prestations de l’agence Blog-Ecommerce.
2. Voici aussi notre logiciel de gestion de flux Shopping Flux.
3. Et voici enfin les sociétés partenaires de notre agence.

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21 réponses à “Le Pragmatisme dans « My Ecommerce Sucks ! »”

  1. Peggy a dit :

    cool ça manquait ce genre d’article !

  2. Nico a dit :

    Ca me fait penser « aux bons et aux mauvais chasseurs »…

  3. Littlebuzz a dit :

    Merci pour les citations. En revanche, je ne me reconnais pas, mais alors pas du tout dans votre description. Il est possible que j’écrive avec les pieds, ou que vous n’ayez pas bien pris le temps de lire notre blog ou plus certainement que vous ne me connaissiez pas, mais moi, manquer de pragmatisme !

    Pas bien grave, ceci dit, j’ai moi aussi une vérité : dans le e-commerce comme dans l’entreprenariat, il y a autant de façon d’aborder son business qu’il y a d’entrepreneur. J’ai la mienne, et je l’applique … avec pragmatisme !

  4. webbax a dit :

    Haaaa ça fait du bien un article fun !

  5. Aurelien a dit :

    Aie, je crois que tu es tombé sur le mauvais entrepreneur Olivier, pas de chance.

    Littlebuzz fait plutôt partie des bons à mon humble avis et je pense qu’il sera encore là d’ici quelques années.

    Toutefois, tes remarques s’appliqueraient à beaucoup d’autres :)

  6. Mickael a dit :

    J’aime bien ce genre d’article et en particulier le
    « Il croit se lancer dans un secteur de niche. Donc en gros: bijouterie fantaisie, puériculture, high-tech, mais le tout à la sauce ethnique-écolo-bio-originale. »
    J’espère que tu n’as rien contre la puériculture bio :-)

    Cela dit j’ai lu ces 2 articles sur son blog et je les ai trouvé fort intéressant. C’est rare les ecommerçants qui osent parler de leurs chiffres et de leur retour d’expérience.

  7. anneaux de levage a dit :

    Très bon article. Ça manquait pas mal et, là, vous revenez en puissance ;)

    Une bonne leçon à lire pour les e-commerçants

  8. Fred de ConseilsMarketing.fr a dit :

    Héhé, je le retrouve le Olivier des débuts ;D

    Tout à fait d’accord avec toi sur ce descriptif, et encore on pourrait en rajouter des Km par exemple le business plan, ou le fait de ne PAS vouloir investir pour grandir.

    Lancer un site Web en dilétante (un peu le soir et un peu le weekend), avec 2000 € en tout et pour tout (site, promo…), c’est être quasi-condamné à rester petit ou à mourir…

    Le Web malgré à l’apparence ce n’est pas facile car il y a une concurrence de malade !

  9. Christoph. a dit :

    Autant je suis d’accord sur la conclusion de l’article, autant je suis contre le choix de Zandira pris comme exemple.. il me semble au contraire plutôt très bon dans ce qu’il fait, avec recul et pragmatisme; il teste, évalue le résultat et en tire une conclusion pour adapter sa stratégie.. je trouve ça plutôt très sain comme fonctionnement, et à aucun moment je n’ai l’impression dans son article qu’il subit la situation..

  10. Christophe - Espaldea a dit :

    Bel article ! Le pragmatisme est sans doute une qualité indispensable à l’e-commerçant qui débute. Je rajouterais l’humilité et la persévérance.

  11. guillaume de yelbook a dit :

    Excellent, du vécu à n’en pas douter.

    Impossible donc de vivre pépère comme autrefois avec son magasin de modélisme à Toulouse

    Si donc la plus petite des niches est férocement concurrentielle (à moins que la sono bio ?) alors il n’y a plus de niche
    cqfd ?

  12. Jimmy Journo a dit :

    Merci encore Olivier pour ce partage d’expérience ! c’est clair qu’il faut avoir les pieds sur terre et être conscient du marché pour démarrer un e-shop, il faut toujours voir le mal pour être surpris du bon.

  13. hervé a dit :

    comme dit précédemment l’article ne s’applique pas à la bonne personne, littlebuzz est un entrepreneur de longue date qui arrive à vivre de ses créations (sites internet) sans activité annexe
    par contre se faire un article qui casse, parce que c’est à la mode, tout ça pour au final SE faire de la pub, ça n’est pas pragmatic mais ridicule….

  14. Olivier Lévy a dit :

    Merci à vous.

    Notez que beaucoup de personnes sur Twitter et dans ces commentaires, qui connaissent LittleBuzz, me disent que je me suis trompé sur la personne et sur son manque de pragmatisme.

    J’ai donc retiré la phrase faisant référence à l’article que j’avais lu sur le blog de Littlebuzz, et qui m’avais inspiré cet article.

    Surtout que je pense que cela n’ajoutait rien de pertinent au contenu, que je crois bc ont apprécies.

    Littlebuzz: je vous demande d’accepter mes excuses, si vous le permettez.

    OL

  15. Olivier Lévy a dit :

    @hervé : je ne pense pas suivre la mode de gens qui cassent pour se faire de la pub.
    Je souhaite juste que les ecommerçants profite d’expériences diverses.

    Mer faire de la pub, aurait été plutôt: « on peut vous faire remonter sur n’importe quoi comme mots clefs, alors signez ici ! ».

    Et c’est aussi parce que, suite à notre Hotline gratuite les Jeudi matin, je vois trop de cas comme celui-là.

  16. Littlebuzz a dit :

    C’est étrange de se faire prendre pour quelqu’un que l’on n’est pas, mais alors vraiment pas ! #cacestfait Excuses acceptées @olivierlevy

    Copie du tweet que je viens de faire suite au votre.

  17. hervé a dit :

    parler de sa hotline gratuite c’est pas de la pub ? ;-)
    allé allé

  18. Tommy a dit :

    He oui, c’est complique de vendre sur internet. Pas que pour le ecommerce d’ailleurs… Il y a une constante dans le scenario decrit, qui est de s’attendre a des resultats immediats. Que ce soit SEO, facebook ou meme adwords il faut creer, tester, modifier, tester etc. Les resultats ne viennent pas en 1 mois et en particulier pour le SEO, il faut (etre pragmatique pour) s’engager sur la duree…

  19. aheadWorks a dit :

    Ah oui, cet article est ecrit avec passion, j’aime ça.

    Vraiment, l’ecommerce est un terrain favorable pour appliquer du pragmatisme( si vous en avez, bien sûr)

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