“Parce que l’avenir du E-commerce appartient à la Long Tail.”

Olivier Levy

Le consultant Ecommerce qui ne connaissait pas Blog-Ecommerce !

Lundi matin dernier (et j’avais fait un peu de teasing sur mon Twitter ;-) ) j’étais en RDV prospect pour une bonne PME qui se lance dans le Ecommerce.

C’est le gérant de cette PME qui me contacte pour un premier RDV. Il est lecteur du blog. Il m’explique qu’il a fait appel aux services d’un consultant ecommerce et qu’il souhaite qu’on se rencontre tous ensemble, “comme nous allons le faire avec les autres prestataires référencement naturel en compétition sur ce projet“, me précise-t-il.

Je me rends donc au RDV Lundi matin comme convenu, ravi de rencontrer un consultant ecommerce, me disant que c’est sûrement lui qui a parlé de nous à son client.

Une salle de réunion nous attend, et je suis présenté au fameux consultant ecommerce (dont je tairai le nom, car, comme vous l’avez sûrement compris, le reste de l’histoire va être moins cool pour lui …).

Consultant Ecommerce : “Bonjour Olivier, asseyez-vous, je vous en pris”.

On s’échange nos cartes de visites (ouhaou … la sienne est vraiment classe !! Je savais pas qu’on pouvait mettre du relief sur des cartes de visites …).

Moi : “Bonjour, merci de votre accueil.”

Consultant Ecommerce (très souriant) : “Alors Olivier. Présentez-nous votre société.

Lui et son client (et donc, mon prospect) sont assis en face de moi.

Moi : “Donc voilà, société Blog Ecommerce. Nous sommes spécialisés dans le référencement de sites Ecommerce sur Google. Nous communiquons par le biais d’un blog”

Consultant Ecommerce (le nez dans son ordi) : “Oui, je vois cela, je suis devant votre blog. C’est vous sur la photo ? Avec les cheveux en pétard ?”

Moi : “oui, oui. Ah ah !!”

Tout le monde rigole … Bonne ambiance. Jusque là, tout va bien …. Mais je comprends que le consultant ne connait en fait pas du tout le blog… C’est son client qui nous a rajouté dans la boucle.

Quelqu’un tape à la porte de la salle de réunion. On demande le PDG de la boite (le prospect). Il se lève, “je reviens dans 10 minutes, continuez sans moi!

Consultant Ecommerce : “Bon. Donc comme vous le savez, je suis chargé d’accompagner Mr (prospect) dans sa démarche de lancer sa société dans le Ecommerce. Nous en sommes au stade du choix de l’agence “référencement naturel”, d’où votre venue ici. Dîtes-moi ce qui vous différencie des autres agences.”

Moi : “Nous travaillons uniquement le SEO de sites ecommerce. Donc on travaille le catalogue produit en SEO. Nous sommes donc habitués à travailler des gros catalogues et cela, sur la plupart des logiciels ecommerce du marché.”

Consultant Ecommerce : Je ne connaissais pas votre société. Ou blog … Je sais pas comment on dit …

Moi : Et bien on dit “société”, comme pour toutes les autres sociétés.

Consultant Ecommerce :” Ok. Et vous êtes des gens sérieux ? Depuis combien de temps existez-vous ? Vous avez qui comme clients ?”

Moi : “Nous avons travaillé pour une centaine de ecommerces. Nous existons depuis bientôt 3 ans.”

Mes phrases se font de plus en plus courtes …

Consultant Ecommerce : “Et vous êtes combien dans votre société ?”

Moi : “5.”

J‘admets qu’à ce moment-là, je répondais avec un manque de motivation certain.

Consultant Ecommerce : “Quels sont les résultats que vous avez obtenus sur Google ?”

Moi : “Ça va, on obtient de bons résultats.”

Consultant Ecommerce : “Un peu laconique comme réponse, non ? Je souhaitais des exemples concrets de mots clefs en première page de Google.”

Moi : “Par exemple, “vidéoprojecteur”, “sac à main”.”

Consultant Ecommerce : “…. un peu courte la liste. Vous savez que c’est moi qui vais diriger le choix de l’agence référencement pour mon client … ?”

“Diriger le choix” … Bizarre comme phrase.

Moi : Et vous allez la choisir sur quels critères ?

Consultant Ecommerce : J’ai déjà une liste de critères. Et je dois dire que quand je vois votre coupe de cheveux en photo, cela ne donne pas vraiment confiance.

Moi: Vous travailles pour une agence de mannequinat ?

Consultant Ecommerce : En tout cas, je ne vous aurais jamais contacté pour participer à cette compétition pour mon client.

Moi : Et votre client aurait eu moins de chance d’être en première page de Goolge. C’est tout. Il n’existe pas une seule agence SEO qui optimise le catalogue produits.

Consultant Ecommerce (avec un air hautain de “moi-on-me-baratine-pas“): “C’est ce que disent toutes les agences, non ?”

Moi : “Non, aucune agence Référencement Naturel n’est spécialisée e-commerce. Demandez-leur vous-même.
De toute façon, l’histoire est pliée, non ? Et laissez-moi deviner. Y’a qui en face de nous comme agences ? Brioude ? Référencement.com ? 1ere Position ? Cybercity ? … Netbooster ? … Laquelle ? Allez dîtes-moi laquelle joue le plus le jeu avec vous en vous sous-traitant une formation ecommerce de-ci de-là ? Ou peut-être qu’en face il y a un consultant “référencement naturel”, avec qui vous vous refilez les clients ?

Consultant Ecommerce : “Je vous trouve bien impoli Olivier.”

Moi : “Ecoutez, vous comme moi savons que je ne vais pas remporter ce contrat. Je ne suis là que parce que votre client l’a demandé, et je suis un grain de sable dans votre mécanique. Vous avez déjà tout prévu, tout écrit et tout décidé, … et  je ne faisais pas partie de votre plan initial. C’est comme ça.

Consultant Ecommerce : “Ecoutez, je crois que ce qui vous a le plus énervé est que je ne connaisse pas votre blog.”

Moi : “Si ça peut vous faire plaisir, peu importe. Dans tous les cas, vous y auriez trouvé gratuitement de l’information que vous n’auriez pas hésité ensuite à facturer ensuite à vos clients.”

Consultant Ecommerce : “Je crois qu’on s’est tout dit…”

Le prospect n’est toujours pas revenu. Le temps est long, je n’ai qu’une envie : rentrer au bureau et rejoindre l’équipe. Me barrer de cette comédie mal écrite, dont je n’ai que le rôle du bouffon, du faire-valoir, de “celui qui est en trop”. Mon premier geste en rentrant au bureau sera de twitter que “certains consultants ecommerce sont exécrables“.

Le prosect revient. La tension est palpable dans la salle. Il me regarde. Regarde son “consultant”. Puis revient du regard sur moi et se fixe sur mes mains : … je suis en train de me curer les ongles avec la carte de visite du consultant …. Et je comprends enfin l’utilité du relief, et je trouve cela très pratique.

Ensuite, la réunion se termine bien vite. Je me lève. Laisse la carte de visite du consultant sur la table. Tout le monde la regarde : d’objet de fièrté, elle est devenue objet de suffisance.

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